Les plantes dépolluantes : info ou intox ?

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Lorsque je lis un article dans une revue, un journal, sur internet, un réflexe acquis de longue date se met instantanément en action : la méfiance positive (concept extraordinaire totalement inconnu, sauf de moi:::)))).

Qu’est-ce que cela signifie ? Eh bien qu’au-delà de l’information pure, je me demande toujours quels sont les objectifs, volontaires ou inconscients, que poursuit le rédacteur de l’article et dans quelle mesure ils influencent notre opinion.

Cette méfiance positive est donc très utile, parce qu’elle développe mon sens critique en me poussant à vérifier les informations et à chercher les arguments contraires, afin de me forger un avis. Car, comme l’a si bien écrit Rabelais dans son oeuvre majeure Pantagruel, « science sans conscience n’est que ruine de l’âme ».

Je cultive encore plus cette méfiance positive depuis que j’écris sur le blog, car je tiens plus que tout à fournir à mes lecteurs des articles précis, s’appuyant sur des sources sûres.

Pour en illustrer les avantages, prenons l’exemple des plantes dépolluantes ou épuratives.

Devant la pléthore d’articles écrits sur le sujet et de cet argument régulièrement mis en avant dans les jardineries, que celui ou celle qui n’a jamais remis en doute l’efficacité dépolluante des plantes me jette le premier ficus à la tête.  Aïe !!!!

Et pourtant, l’intox est de taille.

Dans les années 80, l’agence spatiale américaine cherchait un moyen de réduire l’exposition de ces braves cosmonautes à des dizaines de polluants identifiés dans la cabine des navettes. Des résultats probants ont démontré l’efficacité épurative de certaines plantes, dans un cadre très précis : lieux totalement étanches, petits volumes, concentration très élevée de polluants dans le même espace et durant une courte durée. Mais qui d’entre nous habite dans une navette spatiale ?

Des années après les études de la NASA, le programme français Phytair a été mis en place, conduit par la Faculté de pharmacie de Lille en partenariat avec plusieurs organismes, dont le CSTB (Centre scientifique technique du bâtiment), l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) et l’association Plant’airpur. Ce programme, mené en trois phases entre 2004 et 2011, avait comme objectif l’élaboration d’un protocole scientifique « d’évaluation objective de l’épuration de l’air intérieur par les plantes ».

L’ADEME a finalement conclu, en 2011, « que l’argument «plantes dépolluantes » n’est pas validé scientifiquement au regard des niveaux de pollution généralement rencontrés dans les habitations et des nouvelles connaissances scientifiques dans le domaine ».

Pour améliorer la qualité de notre air intérieur, sujet essentiel d’un Ecocoaching@home,  voici déjà quelques mesures très efficaces :

  • la plus logique : la réduction des sources de polluants (bougies, produits ménagers, tabagisme, etc.).
  • l’aération par les fenêtres ouvertes (les fenêtres laissées en imposte ne permettent pas à l’air d’être évacué de manière optimale).
  • si le logement est équipé d’une ventilation mécanique, ne pas hésiter à faire vérifier son parfait état de fonctionnement. Cependant, ce système ne se substitue pas à l’aération par les fenêtres ouvertes, même dans un bâtiment Minergie.

Pour autant, ne jetons pas la plante avec l’eau d’arrosage !

Les plantes ont la capacité de transformer par photosynthèse le CO2 en oxygène durant la journée. En revanche, la nuit, elles produisent, tout comme nous, du gaz carbonique : les plantes doivent être sorties de la chambre pendant cette période (et votre conjoint aussi, à moins de lui demander amoureusement de rester en apnée toute la nuit).

Et puis finalement, à l’ère de la performance et de l’efficacité en tout, savourons ce qui ne nous « sert » à rien. Les plantes, c’est juste joli et c’est déjà beaucoup !

Joyeusement vôtre,
Nathalie

 

ADEME – Plantes et épuration de l’air intérieur

L’étude de la NASA  Ce lien ne vous mènera pas sur l’étude à proprement parler, mais sur l’accusé de réception de ma demande ! A suivre…

OQAI (Observatoire de la qualité de l’air intérieur) – Quel potentiel d’épuration par les plantes ?

PLANT’AIRPUR – Le programme Phytair

 

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