Pourquoi on se bouge pour le Covid-19 et pas pour le réchauffement climatique ?

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Telle est la question

Je suis frappée de constater à quelle vitesse la mobilisation à l’échelle planétaire, les décisions drastiques, le changement de comportement se sont opérés en une poignée de semaines face à la crise sanitaire.

Le Covid-19 a déjà fait, est en train de faire et fera des morts. Le réchauffement climatique aussi. C’est très triste, dans les deux cas.

Mais alors, pourquoi on se dépêche pour l’un et pas, ou à peine, pour l’autre ?

J’ ai cherché à comprendre la raison de cette distorsion et j’ai eu envie de demander à mon ami Pascal Kotté ce qu’il en pensait. 

Pascal cache plein de casquettes sous son chapeau : éthicien digital, résilientologue, adepte de la zététique (ou l’art du doute). Mais surtout, il est doté d’un profond sens de la liberté, de la bientraitance, de l’engagement bénévole au service de la communauté et fin connaisseur des comportements humains.

Partons donc à la rencontre de Pascal…

Pascal, qui es-tu ?

Un symbiote appartenant à la biopshère de la planète Terre, du genre Sapiens. J’ai fait ma part avec 2,6 enfants, bon 3, car j’ai pas trouvé comment faire la virgule.

En apprentissage à 56 ans, pour devenir toujours plus lucide, plus bientraitant et déterminé à servir le développement de nos libertés, dans les limites de la bientraitance envers le système Terre, notre demeure (y incluant tous les autres Sapiens, entre autres).
 

Comment expliques-tu cette distorsion entre la vitesse à laquelle on agit contre le Covid-19 et la lenteur dans les actions et les décisions pour contrer le réchauffement climatique ?

J’essaye de rester lucide, qui est ma première valeur fondamentale de référence, pour servir nos intelligences au lieu de les réduire. Mais je me suis fait surprendre, moi aussi, par ce virus. J’ai d’ailleurs écrit un article à ce sujet https://medium.com/suisse-romande/corona-virus-covid-19-3550d2570558
Nous avons été proportionnellement aussi lents à réagir face à ce virus que nous le sommes face au réchauffement climatique. Et ce virus est une magnifique leçon, qui nous servira aussi probablement pour mieux appréhender le fantastique challenge du climat.

Que se passe-t’il dans notre cerveau pour dicter un tel comportement ?

Nous sommes esclaves de nos 6 cerveaux. De plus, notre cerveau principal est esclave de sa composante subconsciente à 99%. Ce dernier est incapable de mesurer le temps qui passe. C’est notre conscience, celle qui dirige nos décisions à moins de 1%, qui assure la gestion temporelle des choses.

Les neuroscientifiques confirment avec les nouvelles technologies d’imagerie et d’observation de nos « influx nerveux », que nous ne sommes pas les seuls êtres « conscients » de la planète. Les poulpes, avec leurs 8 cerveaux, sont aussi des être « intelligents » et « conscients ».

Il existe autant d’univers qu’il existe de consciences. Et donc, nous sommes victimes de nos propres schémas sociaux, nos illusions de certitudes, et d’être programmés à 99% par nos 5 autres cerveaux, et seulement à 1% de façon réellement « consciente ». En effet, les imageries révèlent que 99% du temps, nos décisions telles qu’accepter une demande en mariage ou prendre 2 sucres au lieu d’1, sont prises dans notre espace subconscient.

Notre conscience reçoit ensuite l’information, avec le rôle de se raconter l’histoire qu’elle voudra pour rendre cette décision cohérente.

En plus, on peut avoir 2 (ou plus) décisions contraires, l’hémisphère droit va préférer le vert, le gauche le bleu. Mais le choix final n’est même pas établi par notre conscience, qui est en « vitesse » lente. Notre pensée « rapide » a déjà choisi, et toi, tu te fabriques le scénario justificatif. Nous sommes donc tous mythomanes et schizophrènes, mais à un degré nommé « normal », généralement.

Nous avons 3 cerveaux matériels : 

  • le primaire, avec 150 millions de neurones situés dans la paroi intestinale (l’équivalent du cerveau d’un gros rat);
  • un secondaire, avec 40’000 neurones dans le coeur (l’équivalent du cerveau d’une musaraigne, une toute petite souris);
  • un quasi-accessoire, avec 90 milliards de neurones, dans notre cerveau à nous, en 4 parties, le reptilien, le limbique, et les 2 néocortex (droite et gauche).

On ne peut pas vivre sans les deux premiers, ni sans le reptilien et le limbique. Par contre, notre conscience n’est pas nécessaire pour notre survie, alors assistée toutefois.

Je me représente ma gouvernance personnelle sous la forme de 6 cerveaux, pour bien comprendre mes biais cognitifs, en bon apprenti zététicien (lucide).

  • Je mets en premier ma conscience, que je localise dans ma tête, pour servir ma lucidité, et rester « réaliste », le plus possible.
  • En deuxième, mes émotions que je situe dans mon coeur (ce qui est faux), que j’interroge pour rester « bientraitant »: quel choix ferait l’amour?
  • En troisième, mon instinct, que j’écoute avec attention, dans mon ventre, à qui je demande: « ce choix va-t-il servir à augmenter, ou à réduire nos libertés » ?
  • J’écoute sans m’en laisser dicter: aussi mon quatrième cerveau, celui sous la ceinture (zéro neurone, mais utile pour l’espèce).
  • Mon cinquième cerveau résume tout le reste du corps, dont je dois prendre soin, qui influe aussi sur mes humeurs et attitudes.
  • Mon sixième est fondamental pour augmenter mon intelligence et ma lucidité, à condition d’appliquer les pratiques de la http://zetetique.quicklearn.ch sur mes propres pensées et sur ce sixième cerveau, qui est « le regard des autres ».

Toi même, comment vis-tu cette situation surréaliste sous nos latitudes ?

Avec réalisme et sérénité : cela nous avait été annoncé depuis des décennies par les experts, mais les trois fausses alertes précédentes nous avaient enfermés dans une croyance de « contrôle ». Les maîtres de la Terre!

Alors je rigole, mais je compatis aussi. Je pleure devant les images de nos amis italiens, et parfois quand tout le monde hurle sa rage de vivre et son soutien aux vivants à 21h00.

C’est parce qu’avec cette nouvelle conscience de moi connecté au système monde que je suis devenu un petit lac de tristesse, posé sur un océan d’amour. Fils et petit-fils de militaires, programmé à devenir un demi-cerveau mâle comme les autres, j’ai la chance de reconnecter ma seconde moitié, faussement appelée féminine, et cela fait gonfler mon océan d’amour, et se vide alors mon petit lac de tristesse qui déborde. Tant qu’il restera des êtres que nous faisons bêtement et inutilement souffrir sur cette planète, mon petit lac de tristesse ne pourra se tarir. Mais c’est bien l’avantage d’être un humain, et c’est notre valeur ajoutée.

Que vas-tu faire de l’expérience emmagasinée tout au long de cette période ?

Déjà fait, j’ai réorienté certaines priorités, par exemple, nous avons créé www.OpenRomandie.ch en 1 semaine seulement, et lancerons http://heroslocaux.ch/openromandie tout bientôt, pour soutenir la reconnexion des personnes isolées, et la continuité des activités sociales humaines, via l’Internet. Servir encore et toujours la reconnexion des humains entre eux, et avec leur maison « la Terre ». Nous avons déjà un premier serveur que tu peux utiliser simplement avec un navigateur web Google Chrome ou Opera, ou Chromium: https://vidconf.tech4good.ch – Essaye donc, explications ici https://medium.com/p/39a22e8a1c6f -L’utilisation est libre pour toutes les associations en Suisse romande (non profit), et pour toute mise en relation de 2 personnes, pro ou perso, en toute sécurité.

As-tu des conseils à donner aux lecteurs-trices du blog pour l’après Covid-19 ?

C’est déjà un mauvais départ d’attendre un après. C’est maintenant qu’il faut agir. Prendre soin de soi-même, prendre soin des autres, prendre soin du reste. Créer, connecter, discuter, imaginer, évoluer et reconsidérer ce que nous entendons par « mieux » et « progrès ». La croissance de notre humanité doit passer par une remise en question de nos croissances économiques. Nous appartenons tous à ce système monde interdépendant, inter-opérant, et totalement limité à une petite planète, dans un immense vide de pas grand chose. C’est quoi notre raison d’être? Vivre pour soi et consommer? Ou se connecter aux autres et co-construire des projets réellement utiles, ou futiles, mais jamais nocifs ? Rêver à des lendemains meilleurs, et leurs donner corps ? Cet article reflète une partie de mes rêves http://vision.kotte.net.

Commence à créer les tiens, sur le support de ton choix. Et pour en causer tu organises tes rencontres et tu donnes rdv aux autres, ici-même et maintenant https://vidconf.tech4good.ch/LeNomDeTonProjet

Prenez soin de vous, et de tout le reste.

Pascal, un grand merci pour ton partage authentique.

Pour suivre les activités de Pascal, c’est ici.

http://go.resilientologue.ch

http://pascal.kotte.net

2 réflexions au sujet de « Pourquoi on se bouge pour le Covid-19 et pas pour le réchauffement climatique ? »

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