Principes d’écologie intérieure : #1 à #5

Principes d'écologie intérieure : #1 à #5
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L’écologie intérieure est un lent cheminement, fait de prises de conscience, de remises en question, d’émotions diverses, de changements. Avant de la vivre, de la ressentir dans son cœur et d’en faire son mode d’être – désencombré et harmonisé – connaître quelques concepts permet de mieux appréhender et expérimenter l’écologie intérieure.

Aujourd’hui, je vous en propose 5.

#1 L’ANTHROPOcentrisme

“L’Homme est le prédateur suprême, tout en haut de la chaîne alimentaire et peut donc faire ce qu’il veut”. Heu….comment dire…Ces propos, énoncés début 2021 par une connaissance lointaine, ne m’ont pas surprise.

Ils représentent la posture majoritairement dominante en Occident – l’anthropocentrisme – qui place l’humain comme l’entité centrale la plus significative dans le monde du vivant, maître absolu de la nature.

Il n’est pas facile de quitter cette vision binaire – l’être humain séparé des non humains – tant elle est ancrée en nous. S’en rendre compte, c’est déjà franchir une grande étape sur le chemin de l’écologie intérieure, l’écologie de la réunification être humain/monde du vivant.

#2 L’ANTHROPOCENE

L’anthropocène désigne une nouvelle ère géologique caractérisée par l’impact destructeur des activités humaines sur la terre, surpassant les forces naturelles géophysiques.

Pour bien comprendre l’ampleur de ce phénomène, ramenons l’âge de la terre, soit 4.5 milliards d’années, à 24 heures.

Voici les 3 points-clés de ces 24 heures :

  • à 00h08, la terre est une boule de roche et de lave incandescente;
  • à 23h59 et 30 centièmes, voilà Homo Sapiens, avec la naissance de Lucy, notre ancêtre, qui apparaît sur terre, en Afrique;
  • 30 centièmes avant minuit, le nouveau-né très remuant que nous sommes entre en scène avec la Révolution industrielle qui, par ses activités de consommation des ressources, modifie le climat, avec les conséquences en cascade que nous connaissons.

#3 L’HUBRIS

L’hubris est une notion grecque se traduisant le plus souvent par « démesure ». Ce terme désigne un comportement dicté par l’orgueil, l’arrogance, l’excès de pouvoir.

Cette démesure appliquée à notre mode de vie s’exprime dans la quantité astronomique de produits/objets en circulation, dans leur gaspillage et dans la non moins astronomique quantité de déchets générés.

Elle s’exprime aussi en nous : pas de patience, très peu de concentration, pas de trou dans l’agenda, plus le temps de réfléchir à notre contribution durant notre passage sur cette terre. Vite vite vite et toujours plus, voilà où nous en sommes.

Il est l’heure de changer de perception, de faire preuve de lucidité pour sortir de la démesure consumériste et de se définir autrement que par ses possessions matérielles.

En cela, l’écologie intérieure est un formidable moyen d’accéder à une nouvelle façon de penser le monde et d’agir.

Pour une vie régénérée et équilibrée, respectueuse du monde du vivant.

#4 DESSERER LES DENTS

Lors d’un stage de transition intérieure, Noémie, notre facilitatrice *, a prononcé cette phrase que je me suis prise….en plein dans les dents.

Jour après jour, nous assistons à la destruction de la planète et de ses habitants – humains et non humains. Même si l’on n’en a pas toujours conscience, nous en sommes forcément affecté-e-s, ne serait-ce que parce que notre propre vie est en jeu. Les émotions et les ressentis s’empilent en nous et stagnent. Mais, comme le dit si joliment Christian Bobin, un écrivain-poète français, « lorsque les mots ne franchissent pas les lèvres, ils s’en vont hurler au fond de l’âme ».

Serrer les dents sur les éco-émotions « qui piquent » ne les font pas disparaître, ne fait pas comprendre l’information qu’elles transmettent.

Angoisse, peur, colère, tristesse, désespoir, souffrance, sentiment d’impuissance, de révolte, d’injustice : (re)connaître et nommer ses émotions, se laisser traverser par elles, vivre sa peine permet tout à la fois de s’apaiser et de se dynamiser.

En étant touché-e-s dans notre cœur, nous ressentons alors la nécessité d’œuvrer et nous nous mettons en mouvement.

J’ai appris à desserrer les dents. Pour chaque souffrance infligée à notre famille humaine, pour chaque glacier qui fond, pour chaque forêt qui brûle, pour chaque espèce animale ou végétale qui s’éteint, pour chaque barrière de corail qui meure, je vis mon chagrin, pour mieux retrouver mon énergie de vie.

#5 DECONSOMMER

Etre possédé-e par ses biens ou posséder quelques biens ?

Michel-Maxime Egger, auteur, entre autres, d’ouvrages sur l’écospiritualité ou l’écopsychologie, a prononcé cette phrase lors d’une conférence sur le consumérisme. Je ne l’oublierai jamais, tant elle résume à elle seule ses dégâts. Car si l’on y réfléchit bien, dans consumérisme, on peut comprendre :

  • consumer les ressources naturelles
  • consumer notre porte-monnaie
    consumer notre faculté à discerner quelle est la part entre notre libre choix et l’obéissance inconsciente à la publicité, qui vante le bonheur au fond du panier d’achat.

A cela s’ajoutent les inacceptables conditions de travail et les inégalités sociales en constante augmentation.

Pour contrer ce phénomène de surconsommation – principal marqueur d’une société vouée au matérialisme, de plus en plus de personnes choisissent la voie de la déconsommation, en appliquant 4 principes :

  • la limitation des besoins
  • des achats en conscience qualitatifs plutôt que quantitatifs (d’occasion ou de marques vraiment écoresponsables et pas abonnées au greenwashing *)
  • le refus du gaspillage
  • la consommation collaborative (échange, don, location, prêt)

Voyez-vous, l’écologie intérieure, c’est ça : une écologie de l’attention à soi, aux autres et au monde du vivant. Cette écologie-là est régénérative, elle nous pousse en avant dans un élan de contribution active à la vie sur notre unique planète.

Que vous inspirent ces 5 notions ? Dites-le nous en commentaire.

Portez-vous bien et à bientôt,

Nathalie

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DEFINITIONS

La facilitation est un processus au cours duquel le-la facilitateur-trice intervient de façon neutre dans un groupe pour :

  • identifier et résoudre des problèmes
  • prendre des décisions
  • s’engager collectivement dans l’action

Cette personne n’a aucun pouvoir de décision.

Le greenwashing, ou en français l’éco blanchiment, consiste pour une entreprise à orienter ses actions marketing et sa communication vers un positionnement écologique. C’est le fait, souvent, de grandes multinationales qui, de par leurs activités, polluent excessivement la nature et l’environnement. Elles essaient de “verdir” leur image de marque.

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